Monsieur le Premier ministre, je vous convie au débat

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S’exprimant au dîner annuel du CRIF, le Premier ministre a lancé :

La République a toujours su adapter le droit pour combattre la haine. Quand certains niaient le génocide des Juifs, elle a adopté la loi Gayssot1.

À l’heure où six procès m’attendent et où je risque jusqu’à huit années de prison, je l’interpelle et l’invite à débattre sur la question des « chambres à gaz » hitlériennes.

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Le texte de la vidéo

Monsieur le Premier ministre,

Le 19 février, au dîner du Conseil représentatif des institutions juives de France, vous avez lancé:

La République a toujours su adapter le droit pour combattre la haine. Quand certains niaient le génocide des Juifs, elle a adopté la loi Gayssot2.

C’était en 1990. La République promulgua une loi qui punissait la contestation de crimes contre l’humanité3.

Concrètement, il s’agissait d’empêcher la contestation publique de l’existence des chambres à gaz hitlériennes.

Mais en 2017, cette loi fut étendue aux crimes de guerre, pour permettre de condamner ceux qui contestent la version officielle du drame d’Oradour-sur-Glane4.

À Oradour, toutefois, il n’est pas question des Juifs; des Waffen-SS auraient massacré un village français afin, dit-on, d’intimider la population locale.

Il s’agissait de semer la terreur pour paralyser les maquisards. Dans leur immense majorité, les victimes furent des Limougeots.

En contestant la version officielle, les révisionnistes d’Oradour ne veulent donc susciter ni l’antisémitisme, ni même la xénophobie; ils prétendent juste rétablir les faits.

Dès lors, pourquoi avoir étendu la loi?

La réponse s’impose: pour protéger la version officielle du drame d’Oradour.

En décidant cette extension, le législateur a donc jeté le masque: il a montré que d’Oradour à Auschwitz, cette loi a pour objectif de protéger l’histoire écrite par les vainqueurs de 1945.

La prétendue haine antisémite que vous évoquez, Monsieur Lecornu, est sans aucun rapport.

Les chambres à gaz hitlériennes ont-elles existé, oui ou non ? Telle est la question, la seule question à laquelle il faut répondre en premier lieu.

Tout le reste n’est que diversion.

Avant donc d’invoquer la haine pour justifier la loi Gayssot, prenez la peine, Monsieur Lecornu, de lire les révisionnistes. Vous verrez que, pour affirmer l’inexistence des grandes chambres à gaz homicide, ils se placent exclusivement sur le terrain de l’histoire, de la topographie et de la science.

Leur argumentaire resterait le même si les victimes avaient été des Bretons, des Bulgares ou des Bantous.

Cet argumentaire révisionniste, je souhaite le défendre face à vous, Monsieur Lecornu, et à tous les historiens que vous pourrez appeler à la rescousse.

Cette confrontation, je voudrais qu’elle ait lieu à Auschwitz-Birkenau, c’est-à-dire sur les lieux mêmes du crime allégué.

Si 1000 preuves solides attestent l’existence des chambres à gaz homicide hitlériennes, alors je serai ridiculisé à jamais.

Pourquoi ces demandes? Parce que le 26 mars, deux jugements seront rendus à mon encontre. Le procureur a requis deux ans de prison ferme.

Face au tribunal, toutefois, toute défense m’est impossible, puisque les juges me disent: « Nous ne sommes pas là pour dire l’histoire, donc pour examiner la validité de vos thèses, mais pour faire respecter la loi, et la loi vous interdit de contester, point final. »

Me voilà donc totalement désarmé, promis à la prison. C’est ce que mes adversaires veulent.

Mais si, vraiment, les chambres à gaz homicide hitlériennes n’ont pas existé, et si, à Oradour, la version officielle est fausse, alors une condamnation à mon encontre serait une injustice flagrante.

En serez-vous le complice, Monsieur Lecornu ? J’ose espérer que non.

  1. Sébastien Lecornu, « Discours du Premier ministre, Sébastien Lecornu à l’occasion du 40e Dîner du Crif », CRIF, consulté le 25.II.2026, https://www.crif.org/articles/actualites/2026-02-20/discours-du-premier-ministre-sebastien-lecornu-a-loccasion-du-40e-diner-du-crif/ ↩︎
  2. Sébastien Lecornu, « Discours du Premier ministre, Sébastien Lecornu à l’occasion du 40e Dîner du Crif », CRIF, consulté le 25.II.2026, https://www.crif.org/articles/actualites/2026-02-20/discours-du-premier-ministre-sebastien-lecornu-a-loccasion-du-40e-diner-du-crif/ ↩︎
  3. France, Loi du 29 juillet 1881 sur la liberté de la presse, Article 24 bis créé par la Loi n° 90-615 du 13 juillet 1990 – art. 9, LegiFrance, consulté le 25.II.2026, https://www.legifrance.gouv.fr/loda/id/LEGIARTI000006419716/1990-07-14 ↩︎
  4. France, Loi du 29 juillet 1881 sur la liberté de la presse, Article 24 bis créé par la LOI n°2017-86 du 27 janvier 2017 – art. 173, LegiFrance, consulté le 25.II.2026, https://www.legifrance.gouv.fr/loda/id/LEGIARTI000033975356/2017-01-29 ↩︎