Un jugement qui nous montre la voie à suivre, si nous voulons nous réapproprier notre Histoire.
Dans son éditorial de la semaine, Jérôme Bourbon critique le jugement qui condamne le directeur de l’association pour défendre la mémoire du maréchal Pétain (ADMP), Jacques Boncompain.
Le directeur de Rivarol dénonce une « tyrannie qui ne connaît décidément pas de limites ».
Jacques Boncompain, précise-t-il, a été condamné « pour contestation publique de l’existence de crimes contre l’humanité commis durant la Seconde Guerre mondiale ».
Motif, il avait déclaré que « Pétain avait sauvé 700000 Juifs ».
Jérôme Bourbon souligne:
Tout l’argumentaire déployé par le tribunal pour condamner le président de l’ADMP est un copier-coller des fiches du Mémorial de la Shoah.
Ce qui n’est pas surprenant, quand on sait que les gardiens de la mémoire ont leurs entrées à l’École nationale de la magistrature, et que les futurs magistrats sont formatés pendant leurs études après l’avoir déjà été tout au long de leur classe de collège et de lycée.
Il ajoute que le jugement « n’a rien de juridique »:
Avec la scélérate loi Gayssot du 13 juillet 1990, qui sanctionne pénalement le révisionnisme historique, le législateur a contraint Thémis à entrer sur le terrain de l’histoire et de la morale, à s’ériger en garant et en gardien de la version officielle et obligatoire de l’histoire de la Seconde Guerre mondiale, à sanctuariser, à canoniser le jugement du tribunal international de Nuremberg, alors qu’il s’agit de la parodie de justice de vainqueurs jugeant les vaincus.
[…]
De plus, on est obligé de constater que la loi Gayssot a une portée chaque jour plus extensive.
Au départ, elle ne punissait que la contestation explicite que la négation du génocide juif, par exemple, le fait de dire publiquement que les chambres à gaz homicides n’ont pas existé ou qu’il n’y a pas eu six millions de Juifs assassinés pendant le dernier conflit mondial.
Très vite, la jurisprudence, telle que définie par la Cour de cassation en 1997 et 1998, et le Conseil constitutionnel peu après, a fortement élargi le champ d’application de cette contestation.
La minoration du crime, sa banalisation sont désormais passibles de condamnation, tout comme une expression dubitative, une interrogation, l’emploi d’un conditionnel ou de guillemets.
On ne doit pas douter de l’existence ni de l’ampleur de la Shoah, c’est ce que Jean Marie Le Pen appelait dans sa fameuse déclaration du 13 septembre 1987 à RTL sur le détail « une vérité révélée ».
On entre en religion. Et ce qui est dramatique, c’est de voir la facilité avec laquelle les magistrats, tant à Paris qu’en province, tant en première instance qu’on appelle, ont accepté ce glissement déshonorant.
Je comprends Jérôme Bourbon, qui dénonce la magistrature.
Toutefois, en élevant le regard, ce jugement qui condamne apparaît comme un signe de la providence, un signe pour appeler les militants au courage de dire la vérité, toute la vérité.
En effet, à de rares exceptions près, les défenseurs de Philippe Pétain ont toujours noirci l’occupant pour espérer mieux blanchir le maréchal.
C’est manifeste lorsqu’il s’agit de la Shoah.
Leur stratégie a toujours consisté à dire: « Les nazis ont exterminé six millions de Juifs, Pétain, qui n’y est pour rien, a fait ce qu’il a pu pour en sauver le maximum, il faut donc défendre sa mémoire. »
Telle est la rhétorique de Jacques Boncompain. Écoutez-le lorsque, face au journaliste, il voulait défendre la mémoire du maréchal:
On a l’impression que la Shoah a été initiée par le seul Pétain, on ne parle plus jamais des Allemands, mais c’est presque le maréchal Pétain qui aurait déclenché la Shoah. Mais c’est hallucinant, c’est hallucinant, alors qu’il a sauvé, Madame, devant témoins, je peux le dire, il a sauvé au moins 700000 Juifs. Voilà.
[…]
Il faut dire que Pétain a sauvé des Juifs. Il n’a pas sauvé tous les Juifs, je ne suis pas en train de vous dire que Pétain a sauvé tous les Juifs; j’ai dit que Pétain a contribué à sauver au moins 700000 Juifs, c’est tout. Voilà.
Cette dialectique est vaine, car en face, la réponse fuse: « En collaborant avec les nazis qui prenaient des mesures contre les Juifs, en promouvant l’antisémitisme par des articles et des actions discriminatoires, en promulguant, dès octobre 1940, un premier Statut des Juifs, en créant, six mois plus tard, un commissariat aux questions juives, en laissant organiser des expositions antijuives qui désignaient le Juif comme un ennemi, en obéissant aux Allemands qui exigeaient un commissaire aux questions juives plus virulent, et en collaborant avec la police française aux rafles réclamées par l’occupant, les autorités de Vichy se sont rendues complices du génocide qui se perpétrait à l’Est. »
C’est sur toutes les plaques qui honorent la mémoire des victimes de la barbarie nazie.
Face aux journalistes, Jacques Boncompain aurait donc dû lancer: « Vichy n’est pas coupable de complicité d’un génocide, car il n’y a pas eu de génocide. »
C’est la seule voie de défense qui consiste à attaquer le dogme central de l’histoire officielle devenue religion officielle.
Le président de l’ADMP n’a pas emprunté cette voie.
À la place, il a déclaré que les Allemands avaient perpétré la Shoah et que Pétain avait sauvé de nombreux Juifs.
Jacques Boncompain a donc pratiqué un semi-révisionnisme qui n’attaquait pas le cœur de l’argumentation adverse.
Démarche totalement vaine: les juges ont suivi le procureur et l’ont condamné pour négationnisme.
Quitte à l’être, il valait mieux l’être en disant tout plutôt qu’en taisant une partie de la vérité, ce qui rend le discours totalement vain.
Certains m’objecteront que si Jacques Boncompain avait contesté la réalité de l’holocauste, il aurait été condamné bien plus lourdement.
J’en conviens, mais si on craint les foudres de la justice, alors on se tait.
Jérôme Bourbon souligne que, pour assurer plus de publicité au jugement rendu contre Jacques Boncompain, les magistrats ont ordonné son exposition pendant deux mois dans le hall d’entrée du tribunal, de Verdun, afin de faire œuvre de pédagogie.
C’est normal, car, face à un Jacques Boncompain trop timide, la justice avait les coudées franches pour exposer le dogme shoatique.
Voilà pourquoi ce procès a été largement commenté de l’audience au jugement, pas comme les miens.
La vérité est une maîtresse exigeante, elle veut qu’on la montre toute nue.
Dans ce combat, il n’y a de place ni pour les timides, ni pour les pudibonds, ni pour les timorés.
Voilà pourquoi, au-delà de son aspect critiquable, le jugement du tribunal de Verdun m’apparaît comme un signe de la providence, un signe qui nous enseigne: « Dites toute la vérité historique, sans quoi vous ne pourrez jamais vous réapproprier votre histoire. »
Vichy n’est pas complice d’un génocide des Juifs, parce qu’il n’y a pas eu de génocide des Juifs. Point final.





